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PROJETS ET FINANCEMENTS

Projets financés par l'Union Européenne

Dans le cadre du programme européen Horizon 2020 (programme de financement de la recherche et de l'innovation de l'Union européenne pour les années 2014 à 2020), 16 projets avaient porté sur le développement de recherches sans animaux, in vitro ou in silico, pour 90 millions d'euros.

Parmi ces projets, "EU Tox Risk" a reçu un budget de 30 millions d'euros pour les 6 années, associant 39 partenaires dont l’Ineris pour la France, des industriels comme L’Oréal ou Roche, des universités, etc.

Il est qualifié de « programme phare intégré pour la conduite des tests de toxicité et de l’évaluation des risques au 21ème siècle ». La vision est de « piloter le changement de paradigme dans les tests toxicologiques, afin de passer de la « boîte noire » des tests sur les animaux à une évaluation toxicologique basée sur les réponses des cellules humaines et une compréhension mécanistique complète des relations de cause à effet des effets chimiques nocifs. »

Ce projet aborde les domaines complexes de la toxicologie : la toxicité systémique des doses répétées (en utilisant les poumons, les reins, le foie et le système nerveux comme exemples d'organes cibles potentiels) et la toxicité pour le développement et la reproduction, y compris en ce qui concerne les perturbateurs endocriniens.

Un autre projet d'envergure est "VAC2VAC", projet de recherche collaborative financé par "l'initiative pour les médicaments innovants" (IMI) qui vise à développer et valider des approches de tests de qualité pour les vaccins humains et vétérinaires en utilisant des méthodes non animales. L'initiative a débuté le 1er mars 2016.

VAC2VAC est un consortium public-privé de vingt partenaires, impliquant des experts de l'industrie des vaccins vétérinaires et humains en partenariat avec des laboratoires officiels de contrôle des médicaments, des universités, des organismes de recherche translationnelle. Pour atteindre leur objectif, les partenaires doivent développer, optimiser et évaluer des méthodes physico-chimiques et immunochimiques, des tests cellulaires et autres pour les tests de routine de qualité, d'innocuité et d'efficacité des vaccins. Cela se fait en collaboration avec les organismes de réglementation.

De nouveaux projets démarrent en 2021 dans le cadre du programme Horizon Europe 2021-2027 ; 84 millions sont déjà alloués, dont 60 millions sur 5 ans attribués pour 3 projets sur le contrôle de sécurité des produits chimiques sans animaux :

  • Le projet "Risk Hunt 3R" succède à "EU Tox Risk" (avec 37 partenaires, sous la coordination de l'Université de Leiden aux Pays-Bas, et une subvention de 23 millions). Ce projet établira, optimisera et assemblera tous les éléments essentiels des tests d’innocuité : évaluation de l’exposition, information sur la distribution dans l’organisme, caractérisation des risques, prédiction des effets indésirables et détermination du risque réel dans des scénarios définis. Le projet combine des scénarios d'exposition humaine, des tests in vitro et des méthodologies in silico pour identifier les voies des réponses toxiques dans une approche véritablement centrée sur l'homme. "RISK-HUNT 3R" s'engagera avec toutes les parties prenantes des différents secteurs industriels et agences de réglementation internationales pour évaluer de manière critique et garantir une véritable acceptation du nouveau cadre des tests de sécurité. Le projet encouragera l'exploitation commerciale des approches validées d'évaluation de la sécurité, assurant ainsi la durabilité des résultats du projet et renforçant la capacité d'innovation des secteurs industriels concernés.

  • 15 organisations coordonnées par l'Université de Birmingham ont lancé le projet "PrecisionTox" (avec une subvention de 19,3 millions), développant la notion de toxicologie de précision, qui cherche à établir un nouveau paradigme de test coût-efficace et conforme aux 3R pour l'évaluation de la sécurité chimique, en identifiant les biomarqueurs des événements moléculaires-clés prédicteurs des effets nocifs sur la santé humaine de produits chimiques, et à faciliter leur adoption dans les pratiques réglementaires et industrielles. Le projet se concentre sur des lignées cellulaires humaines et des modèles considérés comme non sentients (mouche drosophile, puce d'eau, ver rond, embryons de poisson-zèbres et de grenouilles). Ces modèles peu coûteux permettront de cartographier les origines de la toxicité sur les branches de l’évolution du règne animal, pour prédire les effets nocifs des substances chimiques sur tous les animaux, y compris l’homme. Il s'agit à ce titre d'un projet de toxicologie comparative.

  • Coordonné par la Vrije Universiteit Brussels, le projet "ONTOX" (doté d'une subvention de 17,2 millions) a l'objectif d'élaborer une stratégie générique pour créer de nouvelles méthodes d'approches innovantes (NAMs) capables de prédire la toxicité chronique chez l'homme en tenant compte d'une exposition ciblée. Les méthodes développées par les 18 partenaires reposent sur la collecte des informations disponibles sur les produits chimiques (biologiques, mécaniques, toxicologiques, épidémiologiques, physico-chimiques et cinétiques) et un système de calcul basé sur l'intelligence artificielle (IA) pour évaluer les effets toxiques induits par tous types de produits chimiques (pharmaceutiques, cosmétiques, alimentaires et biocides). A des fins de preuve de concept, l'accent sera mis sur 6 NAM spécifiques traitant des problèmes dans le foie (stéatose et cholestase), les reins (nécrose tubulaire et cristallopathie) et le cerveau en développement (fermeture du tube neural et anomalies des fonctions cognitives). Les lacunes dans les données, identifiées par l'IA, seront comblées par des tests ciblés in vitro et in silico. L'ambition du projet est de consolider la position de leader mondial de l'Europe en ce qui concerne le développement, l'exploitation, la réglementation et l'application de méthodes sans animaux pour l'évaluation des risques des produits chimiques pour l'homme.

En outre, 24 millions sont attribués pour 4 projets sur les organes sur puce de nouvelle génération :

  • coeur fonctionnel,

  • axe cerveau-intestin pour les maladies infectieuses,

  • ganglion lymphatique pour l’étude de traitements personnalisés contre les métastases,

  • synovie pour la polyarthrite rhumatoïde.