OUVRAGES ET REVUES

Ouvrages sur les animaux 

L'Europe des animaux - Utiliser le levier européen pour la cause animale, de Pascal Durand et Christophe Marie – Alma éditeur, 2019, 227 p.

Tous deux défenseurs des animaux, Pascal Durand, député européen, et Christophe Marie, cadre associatif, livrent leur vision de la cause animale telle qu'elle s'inscrit depuis une cinquantaine d'années dans l'espace européen. Voici une approche claire, concise et précise des rouages de l'Union européenne, ses apports pour la condition animale mais aussi ses limites. Les auteurs dressent par ailleurs un diagnostic sans concession des graves lacunes de la condition animale en France, qui dans bien des domaines est loin de soutenir la comparaison avec bon nombre d'Etats membres.
Ils identifient les blocages et avancent des pistes pour que la cause animale puisse enfin progresser dans notre pays.

La cause des animaux. Pour un destin commun, de Florence Burgat, Ed. Buchet - Chastel , 2015, 112p. 

Nous partageons l’ordinaire de nos vies avec les animaux. Par choix, des chiens et des chats habitent nos maisons ; de fait, insectes, pigeons et rats résident en ville. Il serait aisé d’oublier ceux que nous mangeons, ceux dont nous revêtons la peau, ceux encore sur lesquels ont été testés les produits d’entretien et les médicaments que nous utilisons.

Nous préférons souvent ignorer qu’il a fallu interrompre une vie pour pouvoir bénéficier des produits finis que nous en tirons. D’ailleurs, la mise à mort d’animaux est parfois insoupçonnable et contre-intuitive - comment deviner la présence de gélatine de porc dans un sorbet ? - ou reste imperceptible car elle n’est qu’une étape dans un processus de fabrication, comme c’est le cas pour toutes les substances testées sur les animaux.

À travers l’étude de gestes apparemment insignifiants ou de pratiques à grande échelle - l’élevage industriel et l’expérimentation animale -, l’auteur nous pousse à nous interroger : que nous apprennent ces pratiques ? Sont-elles justifiables ? justes ? Pourquoi la reconnaissance par le droit du caractère sensible des animaux provoque-t-elle de tels débats ?

Les droits des animaux, de Tom Regan (traduit par Enrique Utria), Ed. Hermann, 2013, 750 p.

Les animaux ont des droits. C'est la thèse que défend Tom Regan dans cette oeuvre fondatrice, contribution majeure et influente à la réflexion morale contemporaine. Loin d'être sans pensée, comme l'affirmait Descartes, les animaux que nous mangeons, chassons ou livrons aux expériences scientifiques sont conscients du monde. Leur esprit est empreint de croyances et de désirs, de souvenirs et d'attentes. Ce sont, à ce titre, des êtres dotés d'une valeur morale propre, indépendamment de l'utilité qu'ils peuvent avoir pour nous. Ce n'est pas simplement par compassion pour leur souffrance, mais par égard pour cette valeur que nous devons les traiter avec respect. La théorie de Regan est la formulation philosophique la plus élaborée et la plus radicale d'une éthique des droits des animaux. Elle pose une exigence de cohérence : si nous refusons l'exploitation des hommes, il nous faut également dénoncer l'exploitation des animaux non humains. L'abolition de l'élevage, de la chasse et de l'expérimentation est requise par la justice. 

 

Militantisme, politique et droits des animaux, de Melvin Josse, Ed. Droits des animaux, 2013, 104 p.

Le mouvement français de défense des animaux se donne-t-il les moyens de parvenir à ses buts, aussi divers soient-ils selon les orientations que choisissent ses acteurs ? Se pose-t-il seulement la question de son efficacité ? Si nul ne peut contester que la récente vague animaliste a pu contribuer de manière importante à l’émergence médiatique de la question animale, désormais « sujet de société », force est aussi de constater qu’elle se heurte la plupart du temps à l’indifférence ou à l’hostilité d’un personnel politique faisant obstacle à des avancées législatives significatives dans notre pays. Dans le cadre d’une comparaison des stratégies développées par le mouvement animaliste sur le terrain politique dans divers pays d’Europe, la présente étude permet d’établir un diagnostic et de dresser des perspectives pour la cause animale, en particulier en France.

Douleur animale, douleur humaine. Données scientifiques, perspectives anthropologiques, questions éthiques, sous la direction de Jean-Luc Guichet, Ed. Quae, 2010, 216p.

Interroger l'une par l'autre douleur animale et douleur humaine brouille les distinctions ordinaires, animal et homme trouvant en cette épreuve partagée la marque sans doute la plus probante d'une proximité fondamentale. L'expérience montre par ailleurs qu'il est fort difficile pour l'homme livré à lui-même de comprendre un état dont, à nos dépens, nous éprouvons si souvent à la fois la puissance et l'opacité.

Certes, l'animal, faute de langage comparable au nôtre, ne peut nous déclarer et nous expliciter sa douleur - différence qu'il ne faut pas sous-estimer -, mais son comportement est cependant loin d'être silencieux à cet égard et nous en donne un témoignage précisément peut-être plus direct que celui, si contourné, des mots.

Dans cet ouvrage, des chercheurs de disciplines très diverses - biologistes, praticiens hospitaliers, éthologistes, vétérinaires, historiens, philosophes - s'appliquent, sur la base des données scientifiques, à faire le point sur la question de la douleur et des états associés chez l'animal et l'homme. Ressaisir cette question proprement vitale dans une perspective qui dépasse l'horizon strictement humain opère ainsi un rapprochement dont l'homme a tout à gagner, comme si le détour par l'animal lui permettait de diminuer la distance avec sa propre douleur en l'objectivant.

En retour, pour le scientifique, l'éleveur, le citoyen, pour tout homme simplement, la reconnaissance de la douleur animale contribue à clarifier les bases éthiques d'un débat de plus en plus actuel et pressant qui ne peut être indéfiniment différé.

Ouvrages sur l'expérimentation animale

The Ethical Case against Animal Experiments, Andrew Linzey et Clair Linzey (éd.), Urbana, University of Illinois Press, 2018

À l'heure actuelle, les êtres humains dans le monde utilisent environ 115,3 millions d'animaux dans des expériences - une normalisation de l'impensable à une échelle immense. En termes de préjudice, de douleur, de souffrance et de mort, l'expérimentation animale constitue l'un des enjeux moraux majeurs de notre époque. Étant donné la compréhension plus profonde, de nos jours, de la sensibilité animale, les auteurs de ce volume soutiennent que nous devons accorder aux animaux un statut moral spécifique qui empêche leur utilisation dans les expériences.
Cet ouvrage part des réflexions menées par le Centre d'Oxford pour l'éthique animale sur la pratique des expérimentations animales et la critique éthique qu’il en fait.
Par un regard dévastateur sur une crise morale contemporaine, « The Ethical Case against Animal Experiments » associe la logique et la compassion pour lancer un puissant défi à la cruauté humaine.

Expérimentation animale, entre droit et liberté, de Jean-Pierre Marguenaud, Ed. Quae, 2011, 78 p.

L'expérimentation animale passe généralement pour être indispensable au progrès de la science et, par conséquent, au bonheur de l'humanité. Aussi a-t-elle été abandonnée, jusqu'en 1968, à la liberté la plus absolue.

Cependant le droit, poussé par l'évolution des moeurs et des idées, s'infiltre partout et l'expérimentation animale n'échappe plus à son influence. La nouvelle directive de l'Union européenne du 22 septembre 2010 relative à la protection des animaux utilisés à des fins scientifiques, dont les principaux effets se feront sentir à partir de 2013, a ulcéré, sur de nombreux points, les associations de protection des animaux.

Elle marque pourtant une nouvelle conquête du droit en créant les conditions de sa substitution à l'éthique sur laquelle, jusqu'alors, reposait essentiellement la protection des animaux destinés à l'expérimentation.

La douleur des bêtes : la polémique sur la vivisection au XIXème siècle en France, de Jean-Yves Bory, Ed. Presses Universitaires de Rennes, 2013, 360 p.

La vivisection s'est constituée au XIXe siècle en pratique professionnelle. Suscitant un véritable engouement au début du siècle, elle n'a cessé de se développer jusqu'à devenir un paradigme institutionnalisé en 1880. Dans le même temps, elle a engendré des contestations de plus en plus nombreuses, de la part de certains vivisecteurs eux-mêmes puis des médecins publicistes, des protecteurs des animaux et du grand public organisé en associations. Pourtant les ultras de la vivisection ont été vainqueurs, revendiquant avec succès la liberté totale de leurs pratiques. Pourquoi la vivisection s'est-elle développée de cette façon au XIXe siècle en France ? Pourquoi a-t-elle été contestée ? Comment s'est accomplie sa victoire ? Cet ouvrage vise deux objectifs : par le récit historique, rendre compte des faits ; par leur interprétation, sortir du point de vue dominant, celui des vainqueurs. Sujet peu connu et très maltraité, la polémique sur la vivisection et l'expérimentation animale offre l'occasion de faire une histoire sociale symétrique rompant avec la grande tradition de l'histoire des idées et réhabilitant les vaincus : les antivivisectionnistes et les animaux.

 

Ouvrages sur la science 

Malscience. De la fraude dans les labos, de Nicolas Chevassus-au-Louis, Ed. Le Seuil (collection Science ouverte), 2016, 208 p.

 

Alerte ! La malscience se répand aussi vite que la malbouffe ! D'apparence de plus en plus sophistiquée mais produite en masse, de plus en plus vite et de moins en moins fiable.
Interrogés de manière anonyme, 2 % des scientifiques reconnaissent avoir inventé ou falsifié des données. Soit pas moins de 140 000 chercheurs fraudeurs de par le monde. Biologie et médecine sont, de loin, les plus touchées. Et ces fraudes manifestes ne sont rien à côté des petits arrangements avec la rigueur devenus fréquents dans les laboratoires. Est-ce grave ? Très grave. Car la biologie et la médecine traitent de la santé, de la vie, de la mort. Est-il acceptable que de nouveaux médicaments soient testés, et peut-être autorisés, sur la base d'expériences plus ou moins truquées ?
Comme le secteur financier miné par ses créances irrécupérables, la littérature scientifique en biologie et en médecine, mais aussi en physique et en chimie, s'avère gangrenée par des articles toxiques. Ce livre revient sur une série de scandales internationaux – de la thèse des frères Bogdanoff à des cas moins médiatisés mais non moins fâcheux – et se propose de réfléchir aux causes d'une telle dérive et aux moyens d'y remédier.
À la fois enquête de terrain et essai critique, il met en lumière un aspect fondamental et trop ignoré de l'évolution actuelle des pratiques scientifiques.

Les organismes modèles dans la recherche médicale, ouvrage collectif sous la direction de Gabriel Gachelin – Ed. PUF (collection Sciences, histoire et société), 2006, 304 p.

Durant les deux derniers siècles, l'expérimentation, à partir des organismes modèles, a permis l'essor de la recherche biomédicale et l'expression "animal modèle de maladie humaine" est devenue courante, sans pour autant que ses significations soient entièrement précisées. Cet ouvrage issu de rencontres scientifiques entre chercheurs européens permet d'en définir l'évolution, les usages et les limites.

 

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